Nécessité de renforcer les contrôles de la présence de néonicotinoïdes dans certains miels et pâtes à tartiner

Nécessité de renforcer les contrôles de la présence de néonicotinoïdes dans certains miels et pâtes à tartiner

Julien Brugerolles interroge Mme la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les contrôles réalisés et la poursuite de la vente de certains miels et pâtes à tartiner contenant un cocktail de pesticides, comme les néonicotinoïdes, dont les taux résiduels significatifs présenteraient un risque sanitaire réel pour les consommateurs et l’environnement.

En effet, une association de défense de l’environnement vient de publier le résultat d’analyses sur 12 échantillons de pâtes à tartiner et miels, riche d’enseignement sur les conséquences sur l’alimentation de l’utilisation des néonicotinoïdes et sur les mesures à prendre pour en limiter l’impact. Alors que les miels importés contiennent le plus grand nombre de néonicotinoïdes différents, avec les concentrations les plus élevées, ceux provenant de France et issus de l’agriculture biologique sont largement moins imprégnés. Ainsi, un miel de fleurs importé vendu par une chaîne de magasin discount concentre jusqu’à 5371 nanogrammes (ng) par kg de six néonicotinoïdes, contre à peine 7 ng pour un miel bio français.

L’interdiction des néonicotinoïdes en France semble donc avoir eu un effet significatif sur leur présence dans les miels français et biologiques. Quant aux analyses sur deux pâtes à tartiner d’une marque en quasi-monopole, elles font apparaître des traces de huit néonicotinoïdes différents, avec 480 ng/kg de six néonicotinoïdes pour l’un et 849 ng/kg de sept néonicotinoïdes pour l’autre. Parmi eux, la prévalence de l’acétamipride et l’imidaclopride, présents dans 100 % des prélèvements, démontre la présence systémique et la persistance des néonicotinoïdes dans l’environnement.

Cette situation très inquiétante pour la santé des consommateurs, la biodiversité et pour la filière apicole devrait pousser les autorités sanitaires et le législateur à renforcer les contrôles, maintenir et élargir l’interdiction de l’usage des néonicotinoïdes au niveau européen comme national. Elle appelle par ailleurs à ce que la France porte l’exigence de clarification des limites maximales de résidus (LMR) dans les pâtes à tartiner, réglementation qui n’existe pas aujourd’hui au niveau européen et à prendre en compte les effets dits « cocktail », dus à la présence de plusieurs substances dans un même aliment, dans les seuils de détermination des LMR. Par ailleurs, il conviendrait d’obtenir des marques mises en cause dans cette étude de revoir leurs procédés de fabrication afin de garantir aux consommateurs français un produit exempt de néonicotinoïdes.

Aussi, il souhaiterait connaître les mesures qu’elle compte prendre pour contrôler et pour interdire la vente de miels et pâtes à tartiner contenant de fortes concentrations en néonicotinoïdes, susceptibles de présenter des risques graves pour la santé humaine.

Question N° 17808 de Julien Brugerolles

Question publiée au JO le 25 août 2026.

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