Réduction de la prise en charge des dépenses de santé par l’assurance maladie

Réduction de la prise en charge des dépenses de santé par l'assurance maladie

Julien Brugerolles appelle l’attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées sur les annonces du Gouvernement relatives à une nouvelle réduction de la prise en charge des dépenses de santé par l’assurance maladie.

Le 12 juin 2026, le Gouvernement a annoncé une série de mesures qui pourraient retirer jusqu’à 2 milliards d’euros du champ de la solidarité nationale pour en transférer la charge directement aux assurés sociaux. Parmi les pistes évoquées figurent une augmentation des tickets modérateurs sur plusieurs postes de soins, une hausse des franchises médicales et des participations forfaitaires, ainsi que la reconduction de la taxe sur les contrats de couverture santé proposés par les organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM), taxe pourtant présentée comme exceptionnelle. Plus préoccupant encore, plusieurs de ces mesures pourraient être mises en œuvre par voie réglementaire, avant même l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, privant ainsi le Parlement d’un débat pourtant indispensable sur des décisions qui touchent directement au droit à la santé de millions de Français.

Le Gouvernement semble faire le choix d’une logique purement comptable, consistant à réduire la couverture solidaire plutôt qu’à s’attaquer aux causes structurelles du déficit de la sécurité sociale. Déplacer la charge financière vers les ménages ne résoudra ni la désertification médicale, ni la crise de l’hôpital public, ni les difficultés d’accès aux soins. Ces mesures feraient peser un coût supplémentaire sur l’ensemble des assurés, en particulier les personnes âgées, les malades chroniques et les ménages les plus modestes. Elles risquent d’aggraver encore le renoncement aux soins pour raisons financières, d’accroître les inégalités de santé et d’entraîner des retards de diagnostic préjudiciables pour les patients. Pourtant, d’autres leviers existent pour rétablir durablement les comptes de la Sécurité sociale et la financer à la hauteur des besoins, notamment en mettant fin aux exonérations de cotisations sociales inefficaces et non compensées, ainsi qu’aux exemptions d’assiette de cotisations qui créent des droits sans financement.

En conséquence, il lui demande si le Gouvernement entend renoncer à ce nouveau transfert de charges de la solidarité nationale vers les assurés sociaux, qui porterait une nouvelle atteinte au modèle de sécurité sociale issu de 1945 avant l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027.

Question N° 17835 de Julien Brugerolles

Question publiée au JO le 1er septembre 2026, page 7795.

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