Julien Brugerolles appelle l’attention de M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les conséquences de la poursuite de la désindustrialisation de la France.
Malgré les déclarations du Gouvernement mettant en avant une dynamique de réindustrialisation, l’année 2025 a vu 124 usines être placées en procédure de sauvegarde, en redressement ou en liquidation judiciaire, ou encore annoncer leur fermeture. Dans le même temps, 86 ouvertures d’usines ont été recensées, auxquelles s’ajoutent 62 extensions de sites existants. Le solde demeure ainsi nettement négatif. Plus de 10 000 emplois se trouvent aujourd’hui menacés. Entre 1990 et 2024, la part de l’emploi industriel en France est passée de 26 % à 11,2 %. Au total, plus de 1 million d’emplois industriels ont disparu au cours de cette période. La France figure désormais parmi les pays les plus désindustrialisés du G7.
À quelques semaines des élections municipales, une étude de l’Institut des politiques publiques a dressé par ailleurs un constat préoccupant. La fermeture d’une usine entraîne fréquemment un effet d’entraînement sur les services de proximité. Ainsi, pour dix points d’emplois industriels perdus, on observe en moyenne la disparition de 9,5 équipements de proximité pour 10 000 habitants. Les domaines de la santé, du commerce, des services publics, ainsi que des équipements culturels et sportifs sont directement concernés. La dynamique associative s’en trouve également affectée : la création d’associations diminue en moyenne de 0,42 par an pour 10 000 habitants. Moins d’industrie se traduit ainsi par moins de lieux de vie, moins d’initiatives collectives et un affaiblissement de l’engagement local. La désindustrialisation ne constitue donc pas uniquement une transformation de la structure de l’emploi, elle produit des effets profonds et durables sur la vie des territoires et des communes.
Au regard de ces éléments, il lui demande de préciser de quelle manière le Gouvernement entend mettre en œuvre une politique industrielle offensive, cohérente et planifiée sur le long terme.
Question N° 13620 de Julien Brugerolles
Question publiée au JO le 17 mars 2026, page 2287



