Julien Brugerolles interroge Mme la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les résultats d’analyses démontrant une très forte augmentation des résidus de pesticides dans l’alimentation.
En effet, l’association Que choisir vient de publier le résultat d’analyses démontrant une progression des résidus de 44 % en 2024 par rapport à 2023 pour les aliments produits en France et de 27 % pour les aliments importés, après des années de stagnation. En définitive, 125 pesticides à risque différent ont été retrouvés dans les aliments entre 2022 et 2024, même si les végétaux produits en France demeurent moins impactés que les produits importés. Quant aux végétaux issus de l’agriculture biologique, ils sont 10 à 20 fois moins contaminés par les résidus de pesticides qu’ils soient français ou importés, avec respectivement 2 à 3 résidus contre 37 à 56 pour les végétaux non bios.
Alors que 10 maladies graves sont d’ores et déjà reconnues chez les agriculteurs ou leurs voisins comme favorisées par l’exposition aux pesticides, des études scientifiques ont aussi conclu à une présomption forte de lien entre exposition aux pesticides et des leucémies, tumeurs du système nerveux central, troubles du développement neuropsychologique et moteur. Malheureusement, la production de l’agriculture biologique stagne, voire régresse en France et trop peu de consommateurs peuvent payer un peu plus cher une alimentation locale ou issue de l’agriculture biologique, faute de revenus suffisants. Cette dégradation de la qualité sanitaire de l’alimentation apparaît particulièrement inquiétante et contraire aux grands enjeux de santé publique.
Aussi, il souhaiterait connaître les propositions et mesures qu’elle compte mettre en œuvre pour contrôler la qualité des produits et faire baisser les niveaux de contamination.
Question N° 19501 de Julien Brugerolles
Question publiée au JO le 3 novembre 2026, page 10215

